Bonjour l'Europe

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RFI

Chaque jour, un correspondant de RFI en Europe raconte la société de son pays. Les Britanniques abolissent la chasse à courre, les Belges légalisent l’euthanasie active, les Russes organisent une foire de millionnaires… si l’Europe se mondialise, elle entretient aussi sa diversité. Les uns ouvrent la voie, les autres font de la résistance ; les uns se vantent de conserver leurs traditions, les autres se coulent dans le moule.

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Bonjour l'Europe - 5G: l'UE veut s'imposer dans la «guerre» des données industrielles

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À Bruxelles, la Commission européenne va présenter mercredi 19 février ses propositions pour une stratégie de l’UE pour les données et l’intelligence artificielle. La Commission a déjà proposé un cadre pour la technologie qui doit accompagner l’explosion prévue du volume des données, à savoir la 5G.

La Commission a décidé d'adopter un ton très guerrier concernant les nouvelles technologies à venir. Pour elle, il s'agit clairement de passer à l'offensive. Le commissaire chargé du marché intérieur, Thierry Breton, le répète d'ailleurs à l'envi : la guerre des données industrielles va s'ouvrir et l'Europe en sera le champ de bataille. La Commission ne peut que reconnaître que l'Europe a raté la première vague des données, qui profite désormais aux géants du numérique, essentiellement américains, mais aussi chinois. L'objectif ? Ne pas rater la deuxième vague qui concernera plus les entreprises que les citoyens.

Vers une Europe à la pointe technologique

La Commission estime que tous les 18 mois, les données produites à travers le monde doublent de volume. Par ailleurs, quatre cinquièmes des données produites aujourd’hui proviennent de centres de données. Un cinquième des objets connectés, du téléphone à l’appareil ménager en passant par les voitures et cette proportion devrait s’inverser dans les cinq ans. Ce train de l’intelligence artificielle va affecter profondément, les transports, la production industrielle, la consommation. Le développement de la 5G, couplé à l’explosion du volume des données produites, doit entraîner une nouvelle politique industrielle pour l’Europe.

Reprendre possession de ses données

La Commission européenne affirme également que l'Europe doit reprendre possession de ses données. Cela concerne autant les citoyens que les administrations ou les entreprises. Pour les premiers, l'Union européenne a déjà commencé à émettre des règles comme le règlement général sur la protection des données, mais elle devrait proposer d'aller beaucoup plus loin et de règlementer l'action des géants du web.

► À chaque État de choisir s'il fera ou non confiance à Huawei, selon l’UE

Le commissaire au marché intérieur a expressément averti que l'UE devrait se doter de nouvelles lois pour protéger les utilisateurs des réseaux sociaux, après la visite du patron de Facebook, Mark Zuckerberg, à Bruxelles. Des règles qui s'appliqueront aussi aux questions commerciales et publicitaires. Un ensemble de lois et de règlements devrait être annoncé ce mercredi 19 février pour la fin de l'année, avec pour objectif que les données produites en Europe, restent en Europe.

Du protectionnisme numérique

L'Europe change donc de stratégie et décide de faire preuve de protectionnisme vis-à-vis de l'intelligence artificielle. En effet, l'UE réalise qu'elle est assise sur une mine d'or numérique, grâce à son marché unique et grâce au fait qu'elle ne s'est pas désindustrialisée comme les États-Unis, par exemple. Et cette richesse de données doit d'abord bénéficier aux Européens et à leurs entreprises.

Selon la Commission, grâce aux brevets détenus par des entreprises européennes, l'Europe est bien placée pour profiter de la révolution technologique qui s'annonce. Ainsi, elle pourra, à la fois donner un coup d'accélérateur à sa compétitivité, et garantir que la vie privée des citoyens soit préservée.

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Bonjour l'Europe - En Irlande, l'État au cœur d'une enquête pour torture

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Le comité des Nations unies contre la torture a ouvert le mois dernier une enquête visant l'État irlandais. C'est la conséquence d'une plainte déposée par une septuagénaire, née d'une mère célibataire à la fin des années 1940 et élevée au sein d'institutions catholiques. Séparée de sa mère, Elizabeth Coppin a travaillé jusqu'à ses 19 ans dans des laveries et elle estime que le traitement qu’elle a subi équivaut à des actes de torture, cautionnés par l’État. Elle réclame aujourd'hui la reconnaissance par Dublin de ces agissements, non isolés.

Elizabeth Coppin est née en 1949 d’une mère célibataire, à l’ouest de l’Irlande. À l’époque en Irlande, les « femmes faillies », comme on les appelait, ayant eu des relations sexuelles hors mariage, accouchaient dans des asiles, gérés par des religieuses. À l’âge de 2 ans, Elizabeth est envoyée dans un pensionnat, lui aussi sous l’autorité d’une congrégation de nonnes. Elle y reste jusqu’à ses 12 ans. Là, elle est déscolarisée et employée dans l’une des dix « blanchisseries Madeleine » du pays, à Cork puis à Waterford. Elle est « libérée » peu avant ses 20 ans et devient institutrice en Angleterre.

Des « institutions » aux pratiques de tortionnaires

Elles ont fleuri en Irlande à la fin du XVIIIe siècle. À l’origine, c’était une manière d’héberger et de faire travailler les anciennes prostituées. Et puis, à l’indépendance en 1922, l’Irlande a développé une tradition d’« institutions », des endroits où l’on isolait les gens différents, personnes handicapées, mères célibataires… Les blanchisseries ont donc intégré ce modèle. La dernière a fermé en 1996. On estime que pendant ces soixante-dix ans, plus de 10 000 femmes y ont été enfermées contre leur gré. Elizabeth Coppin et d’autres survivantes font état de travail forcé non rémunéré, de violences physiques, psychologiques, de privation de nourriture… Certaines y sont restées jusqu’à leur mort et enterrées dans des fosses communes ou des tombes collectives. 

Des excuses jugées insuffisantes

En 2013, le Premier ministre Enda Kenny a formulé des excuses officielles pour « le mal fait à ces femmes et la stigmatisation qu’elles ont subie par la suite ». Un fonds de compensation a été mis en place, Elizabeth Coppin d’ailleurs a reçu plusieurs milliers d’euros « pour le temps passé dans ces institutions ». Mais les congrégations n’ont jamais été formellement poursuivis et l’État n’a jamais vraiment admis son rôle, alors qu’environ un quart des « pensionnaires » étaient envoyées par l’administration irlandaise. 

Vers une reconnaissance officielle ?

Elizabeth Coppin demande une reconnaissance officielle. Ensuite, que tout soit fait pour compenser, sans parler d’argent. Par exemple, l’accès au dossier médical : Elizabeth ne sait pas si elle a reçu des vaccins quand elle était enfant, si sa mère était atteinte d’une maladie génétique qu’elle pourrait avoir transmis à ses propres enfants… Selon elle, « c’est comme si l’État continuait de nous agresser ». L’examen du dossier par le comité contre la torture ne fait que commencer évidemment… Mais selon l’avocate spécialiste des droits humains Maeve O’Rourke, cela pourrait avoir d’importantes répercussions sur la responsabilité de l’Etat, le fait qu’il rende des comptes. Et même si les faits datent d’avant la ratification par l’Irlande de la convention contre la torture, ce sont l’inaction judiciaire et l’insuffisance du processus de réparation qui pourraient ici être considérés comme des actes de torture.

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Bonjour l'Europe - Kosovo: un nouvel espoir

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Ce 17 février, le Kosovo célèbre l’anniversaire de son indépendance, proclamée il y a 12 ans, en 2008, mais toujours partiellement reconnue et toujours contestée par la Serbie. Le pays vient de connaître un changement politique majeur avec l’arrivée au pouvoir du mouvement de gauche souverainiste Vetëvendosje. Les cérémonies seront-elles marquées par un nouveau souffle d’espoir ?

La victoire de l’opposition aux élections du 6 octobre 2019, avait suscité un immense espoir au Kosovo, mis en coupe réglée depuis la fin de la guerre, il y a plus de vingt ans, par les anciens commandants de la guérilla de l’UÇK. Toutefois, il a fallu presque quatre longs mois pour former un gouvernement de coalition entre Vetëvendosje et la Ligue démocratique du Kosovo, un parti de centre droit à la culture politique bien différente. Albin Kurti, le charismatique dirigeant de Vetëvendosje est enfin devenu Premier ministre le 3 février, mais sa marge de manœuvre risque vite de trouver ses limites, car sa coalition demeure fragile, tandis que les pressions internationales sont très fortes…

La relance du dialogue avec Belgrade

Albin Kurti s’y est clairement engagé, mais il a spécifié qu’il prendrait la tête du processus de négociation, qui était jusqu’à présent dirigé par le président de la République, Hashim Thaçi, l’ancien porte-parole de la guérilla. Depuis 2011, Belgrade et Pristina menaient un dialogue « technique », avec la médiation de l’Union européenne. Or, ce dialogue, très poussif, est au point mort depuis plus d’un an. L’initiative a été reprise par les États-Unis, et le nouvel émissaire spécial du président Trump pour le dialogue, Richard Grenell, vient d’arracher la signature d’un accord prévoyant le rétablissement des liaisons aériennes et ferroviaires entre la Serbie et le Kosovo. Cet accord a été paraphé par le président Thaçi et son homologue serbe Vučić, mais le gouvernement du Kosovo a déclaré qu’il n’avait pas été associé aux discussions. Albin Kurti veut reprendre le dialogue sur de nouvelles bases et mettre Hashim Thaçi sur la touche. Toutefois, la partie est d’autant plus compliquée que les États-Unis et l’Union européenne ne jouent pas forcément la partition.

Des divergences marquées

Sous l’impulsion, semble-t-il, du président Trump, les États-Unis veulent arracher rapidement un accord final entre les deux pays, qui pourrait être basé sur des échanges de territoires et de population. Or, cette option, toujours envisagée par Hashim Thaçi et Aleksandar Vučić, est catégoriquement rejetée par le nouveau gouvernement du Kosovo, comme du reste par l’immense majorité de l’opinion publique dans les deux pays.

Du côté européen, la situation est plus confuse. L’option d’un échange territoriale a toujours été rejetée par l’Allemagne, en raison du précédent qu’elle pourrait créer, risquant de déstabiliser à nouveau l’ensemble des Balkans. Pour le coup, il se trouve que l’émissaire américain, Richard Grenell, est également ambassadeur de son pays à Berlin, et il entretient des relations notoirement tendues avec la chancelière Merkel. Le problème est que l’Union européenne, sonnée par le Brexit, divisée sur la question de la relance du processus d’élargisssement aux pays des Balkans, a du mal à parler d’une voix forte et à se faire entendre. Le nouveau Haut représentant européenne pour la politique extérieure, Josp Borrel, s’est rendu à la fin janvier à Belgrade et à Pristina. Mais il se trouve qu’il est originaire d’Espagne, qui ne reconnaît toujours pas l’indépendance ce qui ne facilite pas les choses…

En réalité, le destin du Kosovo se trouve, une fois de plus, au cœur d’un complexe bras de fer. Aux divisions politiques intérieures, s’ajoutent celles de la communauté internationale. Dans ce contexte délétère, Albin Kurti, qui revendique un dialogue d’égal à égal avec la Serbie, aura du mal à s’imposer, tandis que la population du Kosovo, de plus en plus désabusée, reprend massivement la route de l’exode vers l’Europe occidentale.

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Bonjour l'Europe - La Bulgarie veut revenir sur la privatisation des entreprises publiques

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Le parquet bulgare veut revenir sur la privatisation des entreprises publiques après la chute du communisme. C'est une des périodes les plus controversées dans l'histoire de la Bulgarie. Les Bulgares estiment que la privatisation était un processus criminel, qui a permis aux oligarques de mettre la main sur l'économie du pays.

D'abord, qu'est-ce qu'on entend par ce réexamen de la privatisation ?

Le parquet veut bel et bien tout passer au peigne fin. Il s’agit d’un peu plus de 10 000 ventes, contrats et rachats, qui ont eu lieu à partir de 1992. Un peu plus d’un tiers de ces biens privatisés sont dans l’industrie et près d’un quart dans le commerce. Le BTP, le tourisme et l’agriculture sont en troisième place, avec 10% chacun. Les secteurs les moins concernés sont la santé publique, la culture ou encore la défense. Les actifs accumulés au cours de ce processus s’élèvent à quelque 9 milliards d’euros. Le procureur général Ivan Geshev a donc ordonné aux services de renseignements de vérifier la légalité de toutes ces transactions, ainsi que du respect des contrats. Tous les organes publics responsables du contrôle de la privatisation, comme les ministères et les agences chargées du suivi des contrats, seront également examinés. Geshev demande même au parlement de se tenir prêt pour amender la constitution si nécessaire, afin que « justice soit rendue au nom de tous les Bulgares ».

La chute du communisme, c’était il y a trente ans, depuis la Bulgarie est devenue membre de l’Otan et de l’UE...est-ce qu’il n’est pas trop tard pour ce genre de réexamen ?

C’est pour cette raison que le procureur général et ses proches se sont mis à parler d’un éventuel amendement constitutionnel. La plupart de ces contrats sont périmés, et donc les parties ne peuvent être poursuivies. Cela dit, la privatisation est la période noire de la transition démocratique en Bulgarie. Le processus lui-même est largement perçu comme une entreprise criminelle et corrompue qui a permis au crime organisé et à la future oligarchie de mettre la main sur les biens publics. La revente du complexe sidérurgique de Kremikovtzi, situé près de la capitale Sofia, est emblématique. Le complexe comprenait 25 usines sur une superficie de 25 km2 et employait plus de 35 000 personnes après son ouverture en 1963. En 1999, Kremikovtzi est criblé de dettes et revendu pour 1 dollar. À l'époque, le gouvernement se disait obligé de tout revendre à la va-vite en raison de la crise économique et financière dans laquelle le pays était plongé en 1996, mais de sérieux doutes persistent.

Et personne ne s'est intéressé à la privatisation jusqu'à présent ?

Justement, c'est la troisième fois que le parquet ou les autorités vont tout passer en revue. En 2001 déjà, le procureur général réexaminait la privatisation. Même chose en 2017, lorsque le parquet indiquait que 25 contrats n'avaient pas été respectés. Il y a donc une dose de populisme dans cette décision, d'autant plus que le procureur général actuel, Ivan Geshev, a été élu à ce poste en octobre et depuis, il multiplie les enquêtes et les apparitions dans les médias pour promettre de « résoudre les problèmes et les souffrances des gens ». Le réexamen de la privatisation s'inscrit aussi dans une série de procès de haut niveau contre des hommes d'affaires et des oligarques bulgares, qui s'est même transformée en une sorte de chasse aux milliardaires. Le dernier accusé, le magnat de jeux de hasard Vassil Bojkov, a été arrêté aux Émirats arabes unis. Les experts sont très sceptiques vis-à-vis de cette initiative du parquet. L'Institut pour l'économie de marché, un centre de recherche, y voit une tâche « monumentale, voire impossible », et surtout un moyen de faire pression. Depuis plusieurs années, le poste de procureur général devient de plus en plus influent. À la fin janvier, le parquet voulait même se renseigner sur la validité de l'immunité présidentielle, avant de remettre aux médias des conversations privées entre le président et ses conseillers. Le Parlement s'est alors mis à discuter d'une destitution éventuelle du président, qui a finalement été rejetée.

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Bonjour l'Europe - Vague d'alertes à la bombe en Russie: le mystère persiste

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Depuis le mois de novembre 2019, la Russie fait face à une mystérieuse vague de fausses alertes à la bombe. Des alertes qui perturbent le fonctionnement des écoles, des administrations et des entreprises.

de notre correspondant à Moscou,

Chaque semaine, ce sont des milliers de personnes qui sont évacuées, et des centaines d’établissements qui sont visés. Ce lundi 10 février, selon l’agence Interfax, plus de 300 lieux publics ont ainsi été inspectés en raison de ces alertes à la bombe aussi mystérieuses qu’inquiétantes. Écoles, stations de métro, tribunaux… et même la cathédrale du Christ-Sauveur à quelques encablures du Kremlin ! Comme à chaque fois depuis le mois de novembre le même procédé est observé : des mails sont envoyés aux institutions visées, indiquant la présence de bombes à l’intérieur des bâtiments, ce qui entraîne soit une inspection soit une évacuation des lieux. Toutes les régions du pays sont concernées, même si Moscou et Saint-Pétersbourg sont particulièrement visées.

La piste du chantage

Comme en 2017, lors de la première vague de fausses alertes à la bombe, le mystère le plus complet entoure le phénomène. Officiellement, aucune piste n’a été avancée – et l’on sait seulement que les auteurs des mails ont utilisé des boîtes cryptées (Startmail et Protonmail). Ces services de messagerie ont par la suite été fermés par les autorités russes sans que les alertes ne cessent pour autant. Une piste est tout de même évoquée par la presse russe : celle d’un chantage exercé par les auteurs des fausses alertes pour récupérer une somme qui leur aurait été dérobée sur internet, sur une plateforme de bitcoins. Il s’agit de la plateforme de cryptomonnaie WEX aujourd’hui fermée, sur laquelle l’équivalent de 400 millions d’euros aurait disparu selon le service russe de la BBC. Les auteurs des fausses alertes réclameraient le remboursement de 120 bitcoins (environ 1 million d’euros) à un milliardaire russe, Konstantin Malofeïev, qui a lui-même démenti toute implication dans l’affaire.

« Le silence obtus des autorités »

À ce jour, les autorités russes sont restées étrangement muettes : aucune piste, aucun mobile n’ont été avancés, et les médias publics russes évitent soigneusement de couvrir l’affaire. Devant ce silence pour le moins étonnant, le journal indépendant Novaya Gazeta a même publié une lettre ouverte pour demander des comptes au patron des services de sécurité, le chef du FSB. « Le silence obtus des agences de sécurité est en contradiction flagrante avec la réalité qui affecte des millions de Russes », peut-on lire notamment dans ce texte. Le journal demande aux services de sécurité d’agir rapidement pour lutter contre ces alertes à la bombe, même si, ajoute-t-il en référence à la répression exercée depuis cet été sur les militants de l’opposition « c’est sans doute plus difficile que de photographier des étudiants qui manifestent en solitaire. »