Bonjour l'Europe

Bonjour l'Europe

RFI

Chaque jour, un correspondant de RFI en Europe raconte la société de son pays. Les Britanniques abolissent la chasse à courre, les Belges légalisent l’euthanasie active, les Russes organisent une foire de millionnaires… si l’Europe se mondialise, elle entretient aussi sa diversité. Les uns ouvrent la voie, les autres font de la résistance ; les uns se vantent de conserver leurs traditions, les autres se coulent dans le moule.

Podcast
En cours de lecture

Bonjour l'Europe - Irlande: à deux jours du vote, le Sinn Fein donné en tête pour la première fois

BE_0602.mp3

Les Irlandais se préparent à voter pour élire leur nouveau Parlement et, par extension, leur nouveau gouvernement. Alors que la campagne a surtout tourné autour du prix des logements, de l'accès à la santé et de la retraite, un potentiel gagnant peine à se dégager.

Les Irlandais vont devoir faire preuve de patience avant de connaître le nom de leur futur Premier ministre. Ce samedi 8 février ne marque que le début du premier épisode. Une fois que les 160 députés auront été élus, s'ouvriront les négociations pour former un gouvernement. Des négociations à grande échelle puisque, depuis 1979, aucun parti n'a réussi à obtenir une majorité absolue et l'Irlande est dirigée de manière générale par une coalition. De plus, ces pourparlers peuvent parfois prendre du temps, comme en 2016 où il aura fallu attendre 63 jours.

Dernière ligne droite

Trois concurrents se dégagent nettement. Le sortant, d'abord : le Fine Gael, dirigé par le Premier ministre Leo Varadkar. Il mise sur la réussite des négociations sur le Brexit pour faire oublier la qualité de vie. Son rival de toujours, c’est le Fianna Fail, légèrement moins libéral et plus conservateur. À sa tête Micheal Martin. C’est sa troisième élection en tant qu’aspirant Premier ministre. On pourrait paraphraser son slogan en « le changement c’est maintenant ».

Et puis, l’outsider, c’est le Sinn Féin, mené par Mary Lou McDonald. Le Sinn Féin, c’est le parti nationaliste, plutôt de gauche, qui défend la réunification des deux Irlande.En un siècle, il n’a pas fait partie d’un seul gouvernement et depuis le début de la campagne, tout le monde promet qu'il n'y aura pas de coalition avec le Sinn Féin. Notamment en raison de ses liens avec l'organisation terroriste de l'IRA. Mais aussi à cause du fonctionnement de cette formation politique, un peu particulier : toutes les décisions passent par le comité central du parti et les élus n'ont, finalement, que peu de latitude.

Pourtant, les derniers sondages donnent le Sinn Féin en tête, devant le Fianna Fail et le Fine Gael sortant, au coude-à-coude.

Faute d'alliance, le Sinn Féin raterait la première place

Mais ces tendances sont, comme tout sondage, à prendre avec des pincettes. D'autant que le système de vote est un peu particulier. Les électeurs classent les candidats par ordre de préférence. Pendant le dépouillement, on répartit les bulletins selon le choix numéro 1. À la fin du premier tour, on élimine celui qui a reçu le moins de voix, on reprend ses bulletins et on les répartit à nouveau en fonction des candidats classés n°2, et ainsi de suite.

Or, les électeurs du Sinn Féin le placent en choix numéro 1 ou pas du tout. Le parti risque donc de ne pas bénéficier de report de voix. De plus, il ne présente qu’une quarantaine de candidats, trop peu pour diriger la prochaine coalition. Si les partis maintiennent leur ligne « pas de partenariat avec le SF », ils devront se tourner vers des partenaires de coalition plus traditionnels : les Travaillistes, les Verts ou les Indépendants. Justement, les non encartés représentaient la troisième force dans la législature sortante.

Podcast
En cours de lecture

Bonjour l'Europe - Allemagne: agriculteurs et défenseurs de l'environnement interpellent la grande distribution

Bonjour_l_Europe_050220.mp3

Bonjour_l_Europe_050220.mp3

Télécharger Télécharger ( 1,8 Mo )

En Alllemagne, les grandes chaînes de supermarchés et les discounters multiplient les actions promotionnelles pour séduire les clients. Les agriculteurs sous pression protestent contre des prix d'achat trop bas de leurs produits, les défenseurs des droits des animaux et de l'environnement dénoncent les travers d'une agriculture industrielle. Le gouvernement a convoqué lundi les géants de la distribution.

Podcast
En cours de lecture

Bonjour l'Europe - Réunion de la droite souverainiste à Rome, avec Orban mais sans Salvini

Bonjour_l_Europe_040220.mp3

Bonjour_l_Europe_040220.mp3

Télécharger Télécharger ( 1,5 Mo )

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbàn participe ce mardi 4 février à une rencontre internationale à Rome, co-organisée par la Fondation Edmund Burke et l’association Nazione Futura, très proche des partis nationalistes en Italie.

de notre correspondante à Rome,

Ce rassemblement est intitulé « Dieu, honneur et Patrie - le président Ronald Reagan, le pape Jean-Paul II et la liberté des Nations ». Tout un programme ! Mais la rencontre sera moins croustillante que prévu car le patron de la Ligue du Nord, Matteo Salvini s’est défilé à la dernière minute sans en expliquer les raisons. Et Georgia Meloni, leader du parti postfasciste Fratelli d’Italia, s’est contentée d’inaugurer, ce lundi soir, la conférence à l’Hôtel Plaza de Rome. Elle s’envolera ce matin vers Washington pour participer au petit déjeuner national de prière, le meeting du Parti républicain en présence de Donald Trump.

Parmi les autres vedettes annoncées, Victor Orban est déjà à Rome. Tout comme Marion Maréchal Le Pen. On peut également citer la présence de l’écrivain britannique Douglas Murray et celle du politologue israélien, Yoram Hazony, auteur d’un ouvrage qui a fait le tour du monde : « La vertu du nationalisme ».

L’alliance des nationalistes en Europe n’est pas pour demain

Deux figures clés de ce mouvement manquent à l’appel. Georgia Meloni a affirmé qu’il n’y avait pas de frictions entre son parti et celui de Salvini, mais qu’il était important que chaque force grandisse, en dehors de la coalition de droite à laquelle appartient aussi Forza Italia. Ce qui laisse supposer des désaccords, surtout entre Georgia la petite étoile montante et Salvini le grand perdant des récentes élections régionales en Émilie-Romagne.

Quant au Premier ministre hongrois, on a du mal à décrypter ses objectifs. Ce lundi, il a été reçu par le président du Conseil, Giuseppe Conte, un entretien au Palais Chigi très discret. Par ailleurs, Viktor Orban déjeunera ce mardi midi avec Silvio Berlusconi qui aimerait le convaincre de rester dans la famille du PPE. rappelons que le Fidesz, son parti, est suspendu depuis 2019 du Parti populaire européen (PPE) pour avoir porté atteinte à la démocratie et l’État de droit, aussi la présence de son leader à ce rassemblement ultra-droitier pourrait en accélérer l’expulsion. Mais ce qui risque de ne pas être digéré ce sont ces fréquentations, plus assidues, avec l’extrême droite italienne, sans parler de Marion Maréchal qui incarne le nouveau visage de la droite nationaliste française.

Un rassemblement éclipsé par le coronavirus

Cette rencontre ne fait pas la Une ce matin des quotidiens ni des journaux radio- télévisés, très concentrés sur le coronavirus et les conséquences de l’épidémie. Il faut préciser que les portes de l’hôtel Plaza ne sont pas ouvertes à toute la presse, au prétexte qu’il n’y aurait pas assez de places, et qu’aucun programme des interventions n’a été officiellement publié. Ce qui rend l’ensemble très opaque. Du moins pour le moment.

Podcast
En cours de lecture

Bonjour l'Europe - Turquie: l’augmentation des factures du gaz exaspère les habitants d’Istanbul

Bonjour_l_Europe_030220.mp3

Bonjour_l_Europe_030220.mp3

Télécharger Télécharger ( 1,4 Mo )

En Turquie, en ce début de mois de février, de nombreuses familles se demandent comment elles vont faire pour payer leurs factures, à commencer par leur facture de gaz naturel. Dans les grandes villes, les habitants se chauffent de plus en plus au gaz… Mais ce gaz est importé de l’étranger et il coûte de plus en plus cher aux Turcs, qui n’hésitent pas à le faire savoir sur les réseaux sociaux.

de notre correspondante à Istanbul,

Ces deux dernières années, le prix du gaz pour les particuliers a augmenté à cinq reprises.Cela représente une hausse des tarifs de 60% entre décembre 2017 et décembre 2019 ! Les autorités annoncent en général ces hausses au milieu de la nuit, dans l’espoir de contenir le mécontentement populaire.

Évidemment, à la fin du mois et en particulier de ces mois d’hiver, les Turcs découvrent avec colère ce qu’ils vont devoir payer pour avoir chauffé leur maison. Des factures d’un montant équivalent à 60, 90, jusqu’à 140 euros par mois… Cela représente un budget énorme pour les familles : le salaire minimum ne dépasse pas 350 euros nets, et au moins 40% des salariés turcs sont payés au salaire minimum. Résultat : sur les réseaux sociaux, ils sont de plus en plus nombreux à publier la photo de leur facture de gaz, souvent juxtaposée à une photo de la même facture un an plus tôt.

Un rééchelonnement des factures pour alléger la colère

La situation est telle que la régie du gaz d’Istanbul, IGDAS, où vivent 15 millions de Turcs, a proposé aux consommateurs d’échelonner leurs paiements. Mi-janvier, la compagnie a publié un communiqué sur son site internet – communiqué qui continue d’ailleurs d’occuper la moitié de sa page d’accueil- expliquant avoir signé des accords avec 13 banques pour permettre aux Stambouliotes de payer leurs factures en plusieurs fois sans frais. Mais pour beaucoup de Turcs, qui croulent déjà sous les remboursements de crédits et qui ont été durement touchés ces dernières années par une inflation élevée, ce n’est qu’une maigre consolation.

Les médias d’opposition publient des témoignages de consommateurs qui confient couper le chauffage ou le baisser au minimum pour faire des économies. Et de fait, la consommation diminue… Dans tous les 39 arrondissements d’Istanbul sauf un, les particuliers ont consommé moins de gaz naturel en 2019 qu’en 2018. Et cette tendance se vérifie à l’échelle nationale, puisque la consommation des ménages a baissé de 17% entre octobre 2018 et octobre 2019.

Comment expliquer une telle hausse des tarifs ?

Le gaz que consomment les Turcs est importé. Et ce gaz, la Turquie le paye très cher, plus du double des prix négociés par les États européens.

Il y a plusieurs raisons à cela… D’abord, contrairement à d’autres pays, la Turquie signe avec ses fournisseurs des contrats à long terme, et la quasi-totalité de ces contrats indexent le prix du gaz sur celui du pétrole. Ensuite, la Turquie n’a que très peu diversifié ses sources d’approvisionnement puisque quasiment la moitié de son gaz provient directement de Russie. Ankara n’a donc qu’une très faible marge de négociation face à ses fournisseurs, notamment Moscou. Enfin, les prix des produits importés varient en fonction du cours de la monnaie. Et la monnaie turque, la livre, a dégringolé ces dernières années, perdant par exemple 66% de sa valeur entre décembre 2017 et décembre 2019.

Le mois dernier, le ministre de l’Économie – qui est aussi le gendre du président Erdogan – a promis que les prix du gaz baisseraient d’ici la fin de l’année. Mais les experts sont sceptiques, et les Turcs attendent avec impatience le retour des beaux jours, synonyme de factures de gaz allégées.

Podcast
En cours de lecture

Bonjour l'Europe - Enseignement de la langue turque en Allemagne, un déficit qui pose problème

Bonjour_l_Europe_020220.mp3

Bonjour_l_Europe_020220.mp3

Télécharger Télécharger ( 1,3 Mo )

Plus de 3 millions de personnes d'origine turque vivent en Allemagne. Pourtant, le turc est peu enseigné à l'école dans ce pays. À Berlin, où vit une grande partie de la communauté turque, la municipalité veut combler cette lacune. L'une des trois universités de Berlin s'apprête à ouvrir un premier cursus pour former des enseignants laïcs de langue turque.

de notre correspondante à Berlin,

Les premiers Turcs sont arrivés en Allemagne voici soixante ans. Et pourtant, il n'y a toujours pas vraiment de possibilités d'apprendre le turc à l'école. Et c'est un vrai problème pour de nombreuses familles.

Car les enfants issus de l'immigration turque parlent souvent mal allemand mais aussi mal le turc. Et beaucoup d'entre eux n'ont jamais été alphabétisés dans leur langue maternelle. Ils ont souvent de grandes difficultés à lire et à écrire en turc. Pour les familles, l'attachement à leur langue d'origine est très important. Et de nombreux parents critiquent le fait qu'il existe en Allemagne quantité d'écoles bilingues franco-allemandes, ou anglo-allemandes, voire russo-allemandes. Mais quasiment pas d'établissements bilingues avec le turc.

Seule solution pour ces familles: inscrire leurs enfants à des cours de turc organisés par les consulats. Au grand dam des autorités allemandes, ces cours ont de plus en plus souvent lieu dans des mosquées. Et ils sont souvent dispensés par des professeurs envoyés et financés par le gouvernement turc. Berlin s'inquiète de cette influence exercée par Ankara sur la population turque d'Allemagne.

Les choses vont changer dans la capitale au moins...

La municipalité a décidé la création à l'université libre de Berlin d'un cursus qui formera des professeurs de langue turque. Des professeurs laïcs ! La formation devrait commencer à l'hiver 2020-2021, au plus tard fin 2021. Le secrétaire d'État chargé de la recherche et des universités, Steffen Krach, veut aller vite. « C'est important pour Berlin, estime ce social-démocrate. Nos professeurs de turc viendront à l'avenir de l'université libre et non d'Ankara ! » Le besoin est énorme. À l'heure actuelle, une seule université dans tout le pays, à Duisbourg-Essen, forme des professeurs de langue turque.

À quand des cours de turc dans les écoles?

Il faut d'abord recruter des professeurs d'université, les installer dans la chaire de littérature et d'histoire turques qui existe déjà à Berlin. La formation des futurs enseignants durera entre trois et cinq ans, en fonction du niveau de diplôme obtenu...

Ce n'est donc pas avant 2025, voire 2027 qu'on trouvera à Berlin de cours de turc dans les écoles publiques...